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jeudi 10 avril 2014

Wishlist #5: la panoplie de l'été

 

Ouhlala mais le soleil est revenu! Les pieds crient leur envie de liberté, le corps réclame sa photosynthèse et les origines sudistes prennent le dessus. J'ai donc de nouvelles obsessions: 

> Je veux une veste chinoise indigo comme celle que beaucoup d'hommes en portent en Corse (je n'ai jamais su la raison si ce n'est que, pour moi, ça constitue l'uniforme des vacances). Je m'en veux un peu parce que j'en avais une, adolescente, dont je me suis débarrassée un jour, en me disant que de toutes manières, je vivais désormais au pays du grand froid (Paris). Mais cette petite chose qui se délave (indigo dilemne) immédiatement (en gros dès la sortie de la boutique, tu ressembles à un schtroumpf) est particulièrement difficile à trouver. Elle existe souvent seulement pour les hommes donc dans un format 10 fois trop grand (tu ne ressembles à rien dedans ou si à un bagnard) ou en version trop sophistiquée (avec des petits détails pas beaux qui visent à montrer combien elle est chinoise). Or moi je veux la basique de chez basique, celle que tu vas devoir plonger dans deux grands bain de vinaigre en espérant qu'elle dégorge tout ce qu'elle a à donner... Je ne désespère pas de la trouver mais je sens que ça va être compliqué...



> Je veux également des espadrilles mais je veux qu'elles soient un peu sympas parce que bon l'espadrille basique, c'est quand même pas l'eldorado du glamour. Et donc cela signifie qu'il faut y ait au moins un peu de paillettes dessus. Ce modèle Arsène semble d'un prix relativement raisonnable (30 euros), et surtout y a de la paillette et du rose!!! Bon ok c'est pas du cuir, c'est de la toile mais c'est un peu l'essence même de l'espadrille d'être en toile...




> Je veux un chapeau en paille: bon je veux pas un panama, ça ne me va pas trop et tout le monde en porte dès que le soleil pointe son nez. Non moi je veux cette petite merveille qui vient de chez Maison Michel autant dire que c'est hors de question (d'autant plus que ladite merveille est issue d'une ancienne collection). Mais, pour le plaisir des yeux, observons la de plus près: oh du liberty Capel bleu marine! Oh regardez ce cannage comme il est délicat et comme il protège à peine! C'est ça le luxe: l'inconfort et les coups de soleil mais avez style!




> Je veux des lunettes de soleil: alors oui j'aurais pu aller vers un modèle basique, un solide, des Persol (qualité, solidité, écaille sombre et classe innée) mais bon là encore, le combo été//je suis la reine du minimalisme ne va qu'aux filles aux grandes jambes qui peuvent se permettre de porter le cheveu wet (là où sur toi, on a juste l'impression que tu as les cheveux gras). Bref, en termes de lunettes, dans mes rêves, je choisirai cette paire totalement girly de chez Miu Miu (mais en rouge).




Voilà, à défaut de pouvoir satisfaire toutes ces envies très matérielles, régalons nous de ces saveurs d'été qui arrivent...



Allez cheers!

mercredi 12 mars 2014

Wishlist #4: Air de panache

illustration: Damien Florébert Cuypers.

Oh comme c'est bizarre un nouveau film de Wes Anderson est sorti et j'en parle... 
Bon que dire? Bien sûr, c'était beau, délirant de minutie, élégant, burlesque, fantasque, débordant d'imagination... C'était aussi, chose nouvelle chez ce réalisateur, un peu sanglant. Brrrr
En tout cas, je ne peux plus regarder la devanture du moindre petit hôtel parisien ancien sans penser à la magnifique façade et au décor fou du Grand Budapest Hotel ou penser à Willem Dafoe sans l'associer à son rictus de tueur.

Comme d'habitude, ce genre de film génère des envies comme celle de comprendre l'odeur du mystérieux Air de panache dont s'asperge allègrement Monsieur Gustave. Il faut dire qu'il a tout pour me plaire, un beau flacon cube dont on perçoit la lourdeur, une touche de raffinement apportée par la poire, ce nom délicieusement rétro qui évoque les noms rêveurs de chez Guerlain (je pense notamment à Vol de nuit)... Mais que sent-il???? 

Sur le très joli blog superbytimai, il était possible jusqu'au 6 mars de gagner un des très rares exemplaires disponibles. Opportunité d'autant plus folle quand on sait qu'il ne sera pas commercialisé. Je n'ai pas eu la réactivité nécessaire pour y participer et je m'en veux un peu. D'autant que la question posée était belle: de quelle couleur est votre mémoire?

En attendant je me dis que peut-être les pâtisseries colorées de chez Mendl's seront un jour disponibles?





Allez cheers!

mercredi 19 février 2014

Wishlist #3: Lara Melchior pour & Other Stories


A quelques exceptions, c'est assez rare pour moi d'aimer les bijoux modernes. Ma maman m'a souvent donné des bijoux à part, originaux, pas forcement toujours à mon goût mais toujours anciens, nourris d'une histoire. Et puis j'ai eu la chance, petite, de fréquenter par intermittence l'atelier d'un de ses amis bijoutier, ce qui m'a donné le goût du travail bien fait, du savoir-faire de l'artisan. Du coup, si je peux bien sûr trouver les bijoux fantaisie amusants, jolis, je me rends compte que, sur la longueur, je reste le plus souvent attachée à mes basiques et aux précieux. 

Et puis Lara Melchior est arrivée. Cette jolie créatrice (qui s'habille d'ailleurs avec beaucoup de goût) signe de très beaux bijoux, en toute petite série mais à des prix malheureusement très peu atteignables. Son style est assez intemporel. En regardant ses créations toute en finesse, ses bagues façons nid d'abeille, ses feuilles de ginkgo, ses médailles frappées, je n'ai pas l'impression de me retrouver face à un bijou à la mode, déclinable à l'envie, mais à un travail unique de création, une proposition d'artisan.

Quand j'ai appris fin d'année dernière qu'elle allait réaliser une collection capsule pour & Other Stories, j'ai fait une petite danse intérieure devant mon ordi (malheureusement difficile de partager ce genre de joie avec une personne autre que moi-même), puis j'ai guetté, guetté...J'avoue que j'avais un peu peur, (je n'ai jamais été complètement séduite par les propositions de l'enseigne) mais la collection est arrivée et badaboum (!) j'y retrouvais tout l'esprit de Lara Melchior et ces visuels si élégants donnaient envie de tout.

J'ai donc fait main basse sur quelques petites choses en décidant que je pouvais bien me faire mon propre cadeau de St Valentin (même si dans les faits, je ne la fête pas...)...Le choix fut rude mais je n'ai qu'un mot à dire: je suis TROP contente.

Si dans la seule boutique de & Other stories à Paris, tout est déjà bien vendu, les petites malignes iront se fournir directement sur le site!

Allez cheers!

vendredi 10 janvier 2014

Wishlist #2: les chaussettes en lurex ou dites "à paillettes"



Les chaussettes scintillantes ont débarqué dans mon existence en 2001 quand Vanessa Bruno les a lancées dans ses collections. A cette époque, entre le mythique cabas à paillettes, les hauts asymétriques, les vestes roses irisées et les chaussettes assorties, on sentait bien que la créatrice projetait sur la féminité une inspiration plutôt liée au Studio 54 qu'à Lars Von Trier. Heureusement H&M a rapidement décidé de copier les fameuses chaussettes ce qui m'a permis de goûter, à moindre prix, à cette délicieuse expérience de l'accessoire qui râpe mais qui en jette.

Depuis le Michael Jackson qui sommeille en moi trésaille de joie plus ou moins régulièrement lorsque cet obscur objet de mode revient dans les bacs de son Monoprix. La boutique Merci dont le bon goût n'est plus à démontrer les a réinterprétées en rouge corail et à côtes (joie), et en plus elles sont en solde. Bon oui 17.50 euros, c'est un peu cher payé pour 59% de coton et 90% d'inconfort assuré mais, youpi, je vais pouvoir prolonger l'effet Debbie Harry du pauvre.



 Allez cheers!

vendredi 20 décembre 2013

Wishlist #1: le pull marine


Il est beau, il est bleu marine, il est signé Chloé.

Il coûte 700 euros

Voilà quoi. On se contentera donc seulement de sa version chantée.



Damned!

mercredi 6 novembre 2013

Le syndrome de la bonne élève

Non je n'ai pas de petite obsession pour les films de Wes Anderson

J'ai beaucoup d'envies pour ce blog, pas des ambitions démesurées (ouhla non) mais au moins l'envie de me prouver que je suis capable d'aller au bout d'un projet. Mais c'est dur, je voudrais y écrire plus, y publier mes photos, tenter de construire un espace d'expression qui me soit propre mais je me heurte à mon défaut principal, la peur de l'échec. 

Si dans mon travail, je peux parfois être un peu jusqu'au-boutiste, dès que cela touche au personnel, j'ai plutôt tendance à lancer des projets avec beaucoup d'enthousiasme et paradoxalement à ne pas me donner les moyens de les poursuivre. J'ai tenté d'analyser pourquoi, et maintenant avec 33 ans de sage recul, je crois que je pense avoir compris pourquoi... Je m'interdis beaucoup de choses par manque de talent ou de prédisposition. C'est idiot je le sais mais j'ai trop peur du sentiment que l'épreuve de l'échec vous renvoie. 

Le souci d'aimer autant les gens talentueux, c'est qu'on se retrouve souvent écrasé par leurs facilités. Quand je lis un livre aussi virtuose que Pastorale Américaine de Roth, quand je vois les photos de Diane Arbus, les dessins d'Aude Picault, quand j'entends la voix de Chan Marshall, je ne vois pas le travail, je ne vois que la désarmante facilité de la passion, du talent. Je n'ai jamais eu la patience d'être une laborieuse, parce que j'ai toujours voulu être du côté des talentueux. Or si je pense avoir des qualités, je ne suis pas sûre d'avoir de talent particulier, si ce n'est le fait de porter la sensibilité à un altitude himalayesque.

Les rares moments où j'ai forcé ma nature, je me suis pris en pleine face le fait que ça ne marchait pas. Cela m'a toujours fortement affectée, je n'ai pas une confiance en moi telle qu'elle supporte d'être ébranlée par quelque échec que ce soit. J'ai eu quelques opportunités et rétrospectivement je me rends compte que je n'ai pas eu le courage de les saisir à cause de ça: ce sentiment de ne pas être légitime. 

Dans le même temps, j'admire les gens qui n'ont peur de rien, qui avancent seulement bardés de leur envie d'en découdre. Eux aussi en connaissent des échecs, mais cela semble glisser sur eux.

Alors j'ai décidé de me reprendre en main, d'être moins dramatique, moins sensible, de me heurter à mes limites, mais d'essayer de les dépasser un peu justement. Bref, avant de devenir la pro des relations sociales, je vais déjà ressortir le Leica M6 plus souvent (c'est fou d'avoir une Rolls pareille entre les mains et de ne rien en faire), écrire un peu plus, me réinscrire aux cours de dessins de la Grande Chaumière, y aller avec un peu plus d'assurance, tenter de me mettre plus souvent au premier rang et non derrière un poteau. Bref, sortir de ma chambre et assumer un peu d'être une mauvaise élève, parfois.





lundi 30 septembre 2013

Vestiaire iconique #4 : le gilet de Chloë Sévigny

Chloë at home/ tout simplement








































Bon Chloë Sevigny porte un gilet avec son prénom dessus. "So what ?" pourrait-on dire... Et bien moi je veux y voir du signifiant. En effet, on pourrait croire que ce gilet crie "MOI" mais en fait il dit "JE". Quelle différence? Les enfants ont souvent tendance à commencer leur phrase par "Moi, je..." distinguant ainsi bien le fait d'appeler l'attention de celui d'affirmer son action, sa place.

Ce pull résume bien ça. Chloë Sevigny n'a pas vraiment besoin d'attirer l'attention. Son talent d'actrice, sa présence physique tout en jambes fuselées et regard mystérieux (mi-endormi, mi-ironique), son côté "à l'aise partout" l'ont instantanément mise dans la lumière. En revanche, elle dit souvent "JE" par ses choix comme jouer un transexuel dans la très complexe Hit & miss, une mormone dans Big Love. Doit-on également parler de Brown Bunny ou de Gummo? Je n'y vois pas un habile sens du positionnement et de la provocation. J'y vois surtout quelqu'un qui sort de sa zone de confort, qui teste et qui prend en compte qu'apparaître sous son meilleur jour n'est pas la clé de la cinégénie.

Au-delà de ça, on tricote rarement un pull avec son prénom dessus. C'est plus souvent un cadeau que votre grand-mère vous fait, une marque d'attention, une manière de vous dire que vous existez et de le faire savoir aux autres. Ma grand-mère a réalisé des petits écussons en feutrine sur lesquels elle a brodé le prénom de mon fils avec du fil doré. Quand je vois ces petits bouts de tissu, la délicatesse, le travail et la patience qu'ils ont nécessité, je me dis que tous ces "JE" ne demandent qu'à sortir.

Allez cheers!

mercredi 11 septembre 2013

Too many, too much and not enough

C'est la minute "ma vie"
C'est amusant et légèrement déprimant combien une vie peut se construire sur le principe de l'accumulation. Livres, vêtements, idées, envies, disques, projets, ambitions, désillusions, bougies parfumées, mugs, reproches, enthousiasmes, empilement qui mêle bon comme mauvais, matériel et immatériel.

J'essaie de décoder d'où vient ce terrible besoin d'accumuler:
- d'un point de vue très matérialiste, parce que j'aime être entourée de belles choses. je suis la victime du "plaisir des yeux" qui se transforme rapidement en "je le veux!" puis "comment l'avoir?" (et pour pas trop cher, parce qu'en plus de ça, je trouve le jeu de la débrouille palpitant).
- parce que c'est dans mes gènes. Il suffit de voir la maison dans laquelle j'ai grandi pour comprendre que le mot dépouillement ne fait pas partie de la grammaire familiale.
- parce que j'ai un esprit boulimique. Un sujet en amène un autre, une envie est liée à une autre. La curiosité est un vilain défaut, ça vous pourrit une vie intellectuelle (et un lieu de vie) en vous donnant des objectifs irréalisables: avoir tout lu, avoir tout vu afin de tout comprendre de la Matrice.
- parce que j'ai l'impression que toutes ces choses accumulées parlent pour moi, qu'elles me racontent ou plutôt qu'elles racontent le désordre et le fourmillement qui règnent dans mon cerveau sans que j'ai besoin de le formuler à voix haute. Pour les timides, s'exposer ça économise les mots.

Dans le même temps, si j'aime que les lieux soient habités de la vie intérieure des gens (un appartement sans livre ou sans disque me terrorise), parfois, je me sens dépassée par ce qui m'entoure. Pourquoi avoir 25 affiches d'expo encore roulottées, pourquoi vouloir encore faire l'acquisition d'un nouveau manteau bleu marine,  pourquoi ne pas terminer la pile de 10 romans commencés en même temps avant d'en acheter un nouveau...?

Peut-être est-ce le besoin de s'attacher, de dépendre de quelque chose. Ce qui me pose souci c'est qu'on dit souvent avec raison qu'il ne faut pas devenir esclave de ses possessions, qu'elles vous empêchent d'être libre de vos mouvements: tout devient compliqué, on a peur de les laisser. Et puis, ça entretient la frustration (on commence des to do, to buy, to throw list qu'on ne finit jamais). Bref, ce n'est pas de tout repos.

Comme c'est le temps de la rentrée, j'ai donc pris des bonnes résolutions. Essayer de pouvoir prendre un livre sur une étagère sans faire tomber 3 appareils photo, 2 vases et  100 000 bibelots en tout genre, en fait partie. Renoncer à l'acquisition de tous les totebags de la terre également. Ebay et leboncoin, vous allez souffrir!

C'était vraiment très intéressant.


 Allez cheers!


mardi 9 juillet 2013

Vestiaire iconique #3: la robe longue en jersey de Joan Didion



Il y a une certaine constance dans les photos représentant les grandes heures de Joan Didion. Une cigarette qui se consume, le regard déjà grave alors même que le pire n'est pas encore arrivé, la présence d'une voiture de sport qui laisse penser qu'on vit vite et dangereusement. Et puis il y a souvent une robe ou une jupe longue faite dans une maille aussi légère que l'ossature de l'écrivain.

Joan Didion est un écrivain couteau suisse, dans la grande tradition américaine, à la fois journaliste, essayiste, scénariste et romancière. Ses romans gardent la couleur de ses reportages, une écriture sobre, descriptive et à la recherche du mot juste. Chroniqueuse hors pair des années 70, elle conserve une distance appréciable quant à la mythologie de cette époque, en révélant l'angoisse sous-jacente, la paranoïa ambiante.

Vêtement aussi sobre que son regard sur le monde, camisole de douceur pour femme à jamais frappée par le deuil, matière fluide pour être en perpétuel mouvement, la robe longue de Joan Didion est un vêtement reflet.

Cheers

mercredi 19 juin 2013

Vestiaire iconique #2 : le collier nuage de Nora




Fille perdue mais sans cheveux gras, Nora est l'amoureuse contrariée du film Broken English de Zoe Cassavetes. Loin de l'hystérique Bridget Jones, Nora est une âme sensible, terriblement féminine dans sa recherche d'être transcendée et dans ses contradictions (se contenter du peu ou vouloir le tout). On l'imagine très bien déambuler sur le Madame rêve de Bashung tant Nora cherche, dérive, trouve, perd et finalement tente. Pétrifiée mais avec style, Nora a une garde-robe rêvée.

Symbole de ses humeurs, son pendentif en forme de nuage dont les gouttes de pluie viennent délicatement se poser dans le creux de son cou est un bijou empli de poésie.

Si Broken English n'est pas un GRAND film, il a le mérite de dérouler une petite musique sensible et proche de nous à laquelle il est difficile de ne pas succomber.


 

Cheers!









jeudi 30 mai 2013

Passion Liberty

Je me rends peu à peu compte que je suis capable d'acheter n'importe quoi à partir du moment où le liberty s'immisce dans l'équation (robes d'été alors que le soleil ne vient pas, bracelets en tout genre, bougies Bonpoint parce qu'elles ont une petite housse, idem pour leurs savons, culottes Baby doll immettables, housses de coussins, trousses à n'importe quoi, porte-cartes et j'en passe).  J'en serais même à essayer de reprendre la couture, activité pour laquelle je suis très peu douée, rien que pour pouvoir utiliser les métrages que j'accumule depuis plusieurs années dans mes placards.

Pourquoi? parce que le liberty repose sur un principe bien plus intéressant que la simple accumulation chaotique de fleurs: l'exécution graphique emprunte tant aux codes esthétiques de l'art-nouveau (la célébration de faune et de la flore, la récurrence de l'arabesque et de la plume de paon...) qu'aux influences nordiques (le principe de la répétition, le motif naïf, les scènes champêtres), les combinaisons chromatiques d'une douzaine de couleurs sont souvent sublimes et acrobatiques, et puis bien sûr la délicatesse et la fraîcheur du coton tana law ne sont plus à démontrer. Mais attention, j'entends du vrai Liberty, préférence marquée pour sa version Tana Lawn, envers aussi beau qu'endroit et douceur proche de la soie. En bonne ayatollah, je regarde avec mépris tout ce qui se revendique comme ou prétend imiter cet imprimé mythique et, pire, dévisage les personnes qui me disent "ah oui le tissu à fleurs" quand je leur en parle avec des étoiles dans les yeux.

En France, le liberty est le plus souvent associé à la marque Cacharel qui popularisa ses imprimés, et puis à une certaine esthétique qui oscille entre David Hamilton pour le côté jeunes filles en fleurs ou La petite maison dans la prairie... Pour moi, ce tissu évoque bien sûr l'enfance, mais aussi les chemises de ma mère que je garde précieusement, et puis surtout mon amour pour l'Angleterre et Londres plus particulièrement. J'y projette l'élégance du magasin qui fit naître ce tissu avec ses ascenseurs en bois, son allure de vieux manoir, son rayon fleuriste où les couleurs propres aux jardins anglais se déploient avec douceur.

En mettant du liberty dans ma maison et dans mes vêtements, j'ai l'impression d'accéder à un peu de ce raffinement anglais, de gagner en noblesse avec l'envie de se tenir un peu plus droite et de m'asperger des parfums de Miller Harris. Dans ce fantasme pur, je lirais vraiment des poèmes de  John Keats lovée dans mon canapé Chesterfield vert de gris (c'est important) et comprendrais toute la subtilité des blagues des Monty Python.

Comme je me tiens toujours aussi mal et que la poésie peut me barber, Liberty a pensé à moi en développant des motifs beaucoup plus accessibles en termes d'imaginaire:


Cheers!




mercredi 22 mai 2013

Vestiaire iconique #1: le manteau de Margot Tenenbaum






















Il y aurait beaucoup de choses à dire sur le personnage de Margot Tenenbaum dans "The Royal Tenenbaums", son caractère tout Salingerien de singe savant rebelle, son désir de ne pas grandir et surtout cette tension intérieure qui affleure sous le flegme a priori constant.

Mais comme un personnage se construit également par ses vêtements et que Wes Anderson est un homme de goût, je retiens ce manteau de femme entretenue trop long, trop chaud et pourtant si désirable qui contraste avec la barrette d'enfant sage et les robes Lacoste de joueuse de fond de court.

J'ai trouvé le mien à la braderie A.P.C de cet hiver, il ne reste désormais plus qu'à descendre du bus au son de These days de Nico :





Cheers!